La Dracontite, pierre du Dragon

Science et Croyance au Moyen Age

La Dracontite, pierre du Dragon

Les minéraux au Moyen Age.

Les médiévaux savaient déjà, et depuis longtemps, que les pierres étaient entre autres, pourvues de vertus médicinales.

Les pierres selon les encyclopédistes médiévaux, sont un assemblage de terre et d’eau. En grec, l’équivalent du mot « pierre » signifie « ferme » en latin et montre ici bien son aspect solide, que seule l’eau peut éroder par application répétée.

Selon la qualité de la terre, la pierre prendra une couleur différente et des propriétés différentes, mais ce n’est pas le seul élément qui intervient dans la conception de la pierre et de ses vertus. « Certaines [pierres] dépendent de la nature des planètes dont elle ont reçu l’influence, comme c’est le cas de la topaze qui suit la lune, comme l’affirment Saint Ambroise, Saint Basile, Isidore et beaucoup d’autres. » Ainsi c’est un savoir officiel tout autant que l’astrologie est une science officielle à ce moment-là.

A l’époque médiévale on considère que chaque création de Dieu est régie par le système des humeurs. Ainsi, les pierres sont froides, sèches, dures, denses et lourdes. « Elles sont dans la terre comme les os sont dans le corps ». L’analogie est on ne peut plus claire.

La dracontite.

La dracontite, est aussi appelée en français Escarboucle.

Elle est la pierre des dragons et se trouve dans la tête de ces êtres bien réels pour les médiévaux. La présence de cette pierre est d’ailleurs une preuve de l’existence des dragons pour nos ancêtres.

Comme l’analogie, faire des liens par ressemblance, est le mode de pensée naturel des médiévaux, il est dit que si la dracontite est rouge c’est parce qu’elle est assimilée à la couleur du feu que crachent les dragons.

La dracontite ressemble au grenat rouge et au rubis.

Vu son emplacement d’origine, la dracontite est une pierre de très grande valeur et d’une grande rareté. Celui qui va chercher une dracontite doit s’approcher d’un dragon endormi, puis lui couper la tête dans laquelle il prendra son trésor.

Ce sont les plus riches qui peuvent s’offrir un tel joyaux.

Les auteurs des lapidaires, ouvrages spécialisés sur les pierres, leurs provenances, leurs vertus, assurent que la dracontite est un excellent remède aux venins et poisons. Toujours dans ce fonctionnement analogique, nous pouvons en effet comprendre cette propriété puisque les dragons sont des animaux de la famille des serpents et sont donc venimeux. Il porte en eux-même le remède.

Cette pierre très prisée pour sa clarté vient des régions d’Orient, elle détruit le venin et protège des bêtes venimeuses.

Si on trempe une dracontite dans de l’eau, cette eau devient aussi efficace que la thériaque, contre le venin. Et c’est dire car la thériaque est le remède miracle composé de plus de 50 ingrédients et mis au point dès l’antiquité. Ensuite, si l’on passe cette eau dans laquelle a infusé la dracontite sur un abcès venimeux, la blessure s’atténue jusqu’à disparaitre complètement.

Bref, la dracontite est une pierre de grande valeur et dotée de grandes vertus anti-poison. Le dragon, animal puissant et redoutable la cache au plus profond de lui même, lui conférant d’autant plus de valeur.


Sources:

  • Les Pierres du Moyen Age, Valérie Gontero-Lauze, éd. Les belles lettres, 2016, p. 161.
  • Le Livre des Propriété des Choses, une encyclopédie au XIVème siècle, Bernard Ribémont, éd. Stock, 1999, p.252.

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