La pierre d’AmĂ©thyste et l’ivresse đ

LâamĂ©thyste fait rĂ©fĂ©rence, par son Ă©tymologie, Ă sa vertu principale. Son nom est formĂ© du grec « methustĂȘs » qui veut dire ivrogne, et du prĂ©fixe privatif « a- » : cette pierre empĂȘche de devenir ivre.
La lĂ©gende raconte que Bacchus, dieu du vin, passablement enivrĂ©, rencontra la nymphe AmĂ©tis, qui se rendait au temple de la dĂ©esse Diane. Il la poursuivit et tenta de la sĂ©duire un peu trop violemment, tant et si bien quâAmĂ©tis appela Diane Ă son secours. Pour la protĂ©ger de lâagression de Bacchus, Diane mĂ©tamorphosa la dĂ©esse en cristal. Furieux de se retrouver avec une simple pierre entre les mains, Bacchus versa sa coupe de vin sur ce cristal, qui devint alors violet. Une fois dĂ©grisĂ©, quelque peu honteux, Bacchus donna Ă la pierre le pouvoir de prĂ©server de lâivresse ceux qui la porteraient.
Au Moyen-Age, lâamĂ©thyste est trĂšs courante et bon marchĂ©, ce que dĂ©plorent certains clercs.

Extrait du « Lapidaire apocalyptique » de Philippe de Thaon (XIIÚ.s.):
LâamĂ©thyste est pourpre comme une goutte de vin rouge, ou comme une rose colorĂ©e par la rosĂ©e du matin. Il Ă©mane de la pierre une modeste lueur de flamme mĂȘlĂ©e de rouge ; elle ne perd rien Ă ĂȘtre chauffĂ©e : elle peut ressembler alors au vin rouge. Cette pierre possĂšde de grandes vertus, comme noue lâapprennent les livres.
Celui qui la portera chastement plaira Ă Dieu et aux hommes, le diable ne lui nuira jamais ; il ne verra jamais de fantĂŽme, ne fera jamais de cauchemar, ne sera pas assailli par des terreurs ni des crĂ©atures nocturnes, et il ne lui arrivera aucun mal en dormant ; il nâaura jamais dâulcĂšre ni de fiĂšvre. Il ne mourra jamais sans confession et sa richesse augmentera. Son seigneur ne le dĂ©testera jamais, il vaincra ses ennemis, ne sera jamais trahi ni trompĂ© et nâira jamais longtemps en prison.
Celui qui vĂ©nĂšrera la pierre nâaura pas la vue qui baisse et son teint sâamĂ©liorera. Son cheval ne sera pas blessĂ© ni ensorcelĂ© ; lâanimal ne sera jamais atteint de coliques, dâinflammations ni dâangine.
Sources:
Extrait de: Les Pierres du Moyen Age, Valérie Gontero-Lauze, éd. Les Belles Lettres, 2016, p. 85.
Illustration: Brunetto Latini – Le Livre du TrĂ©sor 14Ăš.s.
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